25.08.09 09:45
25.08.09 09:46
25.08.09 10:49
25.08.09 11:08
25.08.09 11:26
25.08.09 11:28
http://20six.fr/lanternebleue
Hébergé par 20six.fr
|
|
Comportement névrotique chez le psy
Chez mon psy aussi je faisais "ma crise". Je venais n'importe quand, lorsque je n'avais pas rendez-vous. Je restais dans la salle d'attente ou près de l'ascenseur dans le noir, recroquevillée sur moi même après les séances parce que je n'arrivais pas à le quitter, être avec lui dans le cabinet c'était être comme dans une bulle de protection. Une demi-heure c'était trop court. Une fois je me suis même enfermée dans ses chiottes, trente minutes au moins, peut-être une heure. Et puis je me suis jetée sur lui plusieurs fois aussi, il est d'ailleurs l'unique être masculin sur lequel j'ai jamais fait un transfert affectif. Pendant les séances parfois je tremblais, je me griffais les mains, je me suis levée une fois prête à me diriger vers la fenêtre pour sauter puis me suis ravisée. J'ai même failli me prosterner à ses pieds.
|
|
|
Le talisman
Je l'ai caressé longtemps dans son écrin de velours avant de venir le lui porter. J'ai essayé d’ouvrir la petite boîte noire devant ses yeux, je me sentais un peu idiote, ça faisait presque déclaration de mariage sauf que je n'étais pas à genoux et qu'il ne s'agissait pas d'une bague; et j'avais l'air d'autant plus idiote que je n'arrivais pas à l'ouvrir, parce que forçais du mauvais côté.
- Un talisman? Mais je ne suis pas sûre de mériter...vous n'en avez pas plutôt besoin, vous?
- Non, j'ai déjà ce pentacle, dis-je en montrant du doigt le pendentif circulaire doré sur ma poitrine.
Soudain l'écrin s'est ouvert et le talisman en a jailli; je l'ai rattrapé en poussant un petit cri. On aurait dit mon cœur, qui trop longtemps contenu, aurait bondi hors de ma cage thoracique pour respirer une bouffée d'amour. Mouais la métaphore est merdique. Enfin...c'est comme cela que ça s'est passé.
"Sorcellerie celtique", lit-elle. Ah c'est intéressant, regardez, j'ai un bijou celte là (elle me montre une broche ou quelque chose comme ça sur son chemisier).
- Vous savez, vous n'êtes pas obligée de le porter, c'est juste un porte-bonheur (des fois que son mari poserait des questions...)
- Oh si je le porterai, j'adore les bijoux!
Oui j'avais remarqué. Elle est très coquette. Toujours à se remaquiller entre deux cours. Et pourtant elle n'est pas trop sophistiquée, pas superficielle. Elle a juste ce petit côté BCBG qui contraste merveilleusement avec sa personnalité franche, son langage parfois un peu cru lorsqu'elle s'exprime sur les politiciens.
Elle est imparfaite, mais elle m'émeut tellement...
Une étreinte.
- Vous allez tant me manquer.
- Oh, allons, on se revoit à la rentrée, ce n'est pas si long.
Pas si long, trois mois?
Et voilà que je passe des nuits à la chercher en rêve, dans des facs inconnues.
|
|
|
Borderline
Les personnes atteints de trouble borderline ou état limite (apprend que le psy m'a ainsi diagnostiquée), ont peur de l'abandon. Ils s'inquiètent à outrance également, parfois, au point de s'imaginer les pires situations. Ce qui me ramène à une scène de ma vie. Je m'étais enfin fait "adopter" par une prof à la fac que j'avais l'habitude de voir tous les jours. Elle me parlait, m'écoutait geindre, me rassurait, me consolait. Un matin elle n'était pas là. Je me suis rongée les sangs une journée entière. J'avais rendez-vous avec une étudiante ERASMUS anglaise l'après-midi, quand elle m'a vu j'étais toute pâle et elle m'a demandé si j'étais malade. Je lui ai avoué que j'étais très inquiète pour une amie car je n'avait pas de ses nouvelles. Elle m'a prise dans ses bras. Le soir j'ai téléphoné plusieurs fois au numéro de ma prof. Pas de réponse. J'imaginais qu'il lui était arrivé quelque chose de grave, peut-être était-elle morte. Et je me suis mise à chialer, chialer. Le lendemain j'attendais sur une des banquettes de skaï noir, fébrile, en larmes, qu'elle arrive et fasse cesser cette insoutenable angoisse. Le visage décomposé, les larmes aux yeux et tremblante j'ai demandé à une dame si elle ne l'avait pas vue. Elle m'a dit de me calmer, oui elle est là, elle a une réunion bientôt, pourquoi, vous aviez rendez-vous avec elle? Je ne suis pas totalement rassurée avant de la voir enfin apparaître, un pac de bouteilles d'eau à la main. Je me suis exclamée que j'avais été morte d'inquiétude pour elle. Elle m'a serrée dans ses bras. Plus tard, je lui ai dit que je n'en pouvais plus de ce genre d'angoisse, qu'il fallait que ça cesse, que je me suicide. 
|
|
|
Dépression
Plus rien ne m'intéressait, plus rien n'avait d'importance. Un jour au lycée, je me suis dit: "-Si je monte sur cette armoire, là, qu'est-ce que ça peut bien faire?"
Je suis sortie de mon corps plusieurs fois. Pas de manière agréable, comme durant l'enfance, où je parcourais des contrées cosmiques. Non, là, j'étais juste à côté de mon corps, je me voyais comme quelqu'un d'autre, je m'entendais parler mais je n'étais pas moi-même. J'ai eu aussi l'impression d'être dans les murs ou les radiateurs parfois. Je me suis retrouvée un soir, paniquée dans mon lit. Je ne reconnaissais plus ma chambre, je ne savais plus qui j'étais. Il m'a souvent semblé, également, que les choses et les gens autour de moi n'étaient pas réels. J'avais l'impression d'être dans un monde virtuel, je croyais devenir folle.
|
|
|
Souvenir
Je pensais qu'à 24 ans, j'avais mûri, je ne referais pas les mêmes erreurs. Que je pouvais me faire héberger par une famille d'accueil en Irlande sans me jeter sur la mère de famille. Sauf qu'une fois sur place, ce fichu sentiment d'abandon revint me coller à la peau. Après m'être épanchée plusieurs fois, j'ai du lui avouer à cette femme, ce que je ressentais pour elle. Elle ne l'a pas mal pris sur le coup, l'alcool aidant peut-être. Mais le lendemain, elle m'a repoussée alors que je m'apprêtais à la serrer dans mes bras en toute innocence (comme toujours...). J'ai pleuré, pour la énième fois depuis le début du séjour, ce qui l'a fortement agacée. La seule solution qui s'offrait à moi c'était de dormir. J'ai versé une bonne dizaine de gouttes de Rivotril dans mon verre et bu cela avec deux anxiolytiques. Cela m'a apaisé, j'ai pioncé. J'avais décidé de rentrer. Je ne faisais que déprimer depuis que j'étais arrivée.
|
|
|
Tendresse
Je me rappelle mélancoliquement ses mots: "Vous faites une dépression." "Vous avez lu le livre de Philippe Labro Tomber sept fois, se relever huit? Lui aussi, il a fait une dépression." (tiens je vais l'acheter d'ailleurs). "ça vous est arrivé quand vous étiez encore petite, vous n'aviez pas les moyens d'y faire face." Elle m'a prêté Trouble tête, l'autobiographie d'une fille dépressive à 14 ans. M'a emmenée à la médecine préventive. Je me souviens, là-bas, prise de tendresse et de regret tout à la fois je lui ai dit, en anglais: "Si j'avais été plus vieille, moins immature, on aurait pu être amies." "Vous savez bien que ce n'est pas possible." Je tripotais ma médaille de Jésus. "Vous êtes croyante?" m'a-t-elle demandé. "Oui, mais je ne suis pas chrétienne. J'ai beaucoup d'admiration pour Jésus mais je trouve que la religion l'a sali." Elle s'est prise d'affection pour moi, mais elle ne l'avouera jamais.
|
|
|
Semi anorexie
ça m'a pris après avoir lu Le pavillon des enfants fous de Valérie Valère, le récit autobiographique d'une anorexique. Je voulais trouver un moyen d'exprimer mon dégoût de la vie qui fut visible, et comme je n'avais pas le courage de me suicider... Je ne prenais déjà pas de petit déjeuner car j'avais la gorge et l'estomac noués par l'angoisse. Je me mis à sauter également le repas du midi. Ne mangeai plus que le repas du soir auquel je ne pouvais échapper. Je commençai à devenir faible, j'avais des baisses de tension, je me relevais avec du brouillard devant les yeux, mon cou tremblait, j'avais froid... A la fac je ne cherchais plus à jeûner. Mais aller au resto universitaire était devenu une épreuve. J'ai un peu la phobie des files d'attente, d'une, et il y avait du monde à faire la queue. Et de deux, je n'avais personne avec qui manger, et je me sentais soudain mal-à-l'aise seule devant mon assiette. Le brouhaha des autres étudiants résonnait dans ma tête et j'avais l'impression de faire comme un mauvais trip, les rares fois où je me forçais. Parfois je descendais à un poids bien bas, j'avais même mal au dos, comme si mon squelette était prêt à se briser. J'ai des cernes sous les yeux naturellement, ma mère dit qu'elles était noires lorsque j'étais maigrelette. Je me suis forcée à manger plus, mais lorsque j'ai atteint les 50 kilos je me trouvais trop "gonflée". Je m'étais habituée à la maigreur.
|
|
|
[page précédente]
|